Les aides financières et assurances après un décès : guide pratique pour faire valoir ses droits
Perdre un proche, c’est aussi devoir gérer une série de démarches alors qu’on est fatigué, parfois sous le choc, et rarement en état de bien s’organiser. Pourtant, dans les jours et les semaines qui suivent, il existe des aides financières, des remboursements et des assurances qui peuvent soulager une partie des frais (obsèques, logement, crédits, baisse de revenus). Le plus difficile, c’est de savoir quoi chercher, à qui s’adresser, et dans quel ordre. Cette page vous aide à faire le tri, avec des repères concrets, des exemples et des conseils pour éviter les oublis.
Les premières vérifications à faire dans les 48 à 72 heures
Avant de remplir des formulaires, prenez un moment pour rassembler des éléments simples. Cette étape fait gagner du temps, car on vous demandera souvent les mêmes justificatifs.
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Plusieurs copies de l’acte de décès (à demander à la mairie). Prévoyez-en d’emblée, car entre banque, assurance, employeur et caisses, ça part vite.
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Le livret de famille, une pièce d’identité du déclarant, un RIB.
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Les derniers documents du défunt : bulletins de salaire, avis de pension, relevés de mutuelle, contrats d’assurance, échéanciers de prêt, bail, factures d’énergie.
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Les coordonnées d’un notaire si une succession est ouverte (ce n’est pas obligatoire dans tous les cas, mais très fréquent dès qu’il y a un bien immobilier ou des situations familiales particulières).
Astuce utile : si vous tombez sur un dossier assurances ou une pochette banque, prenez en photo les pages clés (numéros de contrat, contacts, identifiants). En période de stress, le simple fait de retrouver une référence sans retourner tous les papiers évite des heures perdues.
Les frais d’obsèques : qui peut payer et quelles aides existent
Les obsèques représentent souvent la dépense la plus immédiate. Il y a plusieurs pistes pour ne pas tout avancer sur un seul compte.
Le prélèvement sur le compte bancaire du défunt
Même si un compte est bloqué après le décès, la banque peut régler une facture d’obsèques directement à l’entreprise de pompes funèbres, dans la limite prévue par la réglementation et selon les justificatifs demandés. Il faut généralement fournir l’acte de décès et la facture. Le paiement se fait au nom du prestataire, pas en remboursement sur votre compte.
Conseil très concret : si vous avez le choix, demandez une facture claire, datée, nominative, avec le détail des prestations. Les banques sont plus rapides quand le document est complet, lisible et cohérent.
Le capital décès de la Sécurité sociale
Dans certaines situations, un capital décès peut être versé par le régime d’assurance maladie (notamment si la personne était salariée, indemnisée par Pôle emploi, en arrêt de travail indemnisé, ou dans des cas spécifiques). Les règles varient selon le statut au moment du décès. Ce capital est demandé par les proches prioritaires (souvent le conjoint, les enfants), dans des délais qui peuvent compter, donc mieux vaut se renseigner rapidement auprès de la CPAM ou de l’organisme compétent.
Ce que beaucoup ignorent : ce n’est pas automatique. Il faut déposer une demande et fournir les justificatifs. Si plusieurs personnes y ont droit, l’ordre de priorité et la date de dépôt peuvent jouer.
Les caisses de retraite et certains employeurs
Selon la situation, une caisse de retraite complémentaire peut verser un secours, une allocation décès ou participer aux frais. Certains employeurs, comités sociaux et économiques (CSE), ou conventions collectives prévoient une aide ou un capital. Dans la pratique, cela se joue souvent sur un appel au service RH, puis un dossier à constituer.
Réflexe à adopter : demander Y a-t-il une garantie décès, une prévoyance, ou une aide obsèques liée au contrat collectif ?. Le mot prévoyance est important : c’est souvent là que se cachent les montants les plus significatifs.
Le CCAS de la commune et les aides sociales
Quand les ressources sont très faibles, le Centre communal d’action sociale (CCAS) peut intervenir, ou orienter vers un dispositif local. Certaines communes disposent d’aides spécifiques ou d’un accompagnement social accéléré. Ce n’est pas réservé à une grande ville. Même dans des communes modestes, il existe parfois un dispositif, au moins une aide pour constituer les dossiers.
Conseil : ne restez pas bloqué sur l’idée on ne va pas y avoir droit. Un simple rendez-vous social permet de vérifier en 20 minutes, surtout si la situation financière est tendue.
Les assurances à rechercher : les contrats qui peuvent débloquer des sommes
Après un décès, les assurances peuvent intervenir de plusieurs façons : versement d’un capital, prise en charge de mensualités, assistance, ou remboursement de frais. Le plus gros piège, c’est de ne pas savoir qu’un contrat existe.
L’assurance décès, la prévoyance et l’assurance obsèques
Trois termes qu’on confond souvent :
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Assurance décès / prévoyance : verse un capital (ou une rente) à des bénéficiaires désignés. Souvent liée à un emploi (contrat collectif) ou souscrite individuellement.
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Assurance obsèques : peut être un contrat en capital (somme versée au bénéficiaire) ou en prestations (organisation prévue avec un opérateur).
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Garantie accidents de la vie (GAV) : parfois, elle prévoit un capital en cas de décès accidentel.
À vérifier : courrier annuel de cotisation, prélèvements mensuels sur le compte, espace client de banque/assureur, ou contrats rangés chez le notaire. Un prélèvement de quelques euros par mois peut correspondre à une garantie importante.
L’assurance emprunteur : un point majeur si un crédit est en cours
Si le défunt avait un prêt immobilier ou un crédit à la consommation, l’assurance emprunteur peut rembourser tout ou partie du capital restant dû, selon les garanties et la quotité assurée. C’est un sujet sensible, car beaucoup de familles continuent de payer par automatisme, sans savoir que le prêt est peut-être couvert.
À faire rapidement :
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retrouver l’échéancier du prêt et le contrat d’assurance,
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appeler la banque ou l’assureur pour signaler le décès et demander la liste des pièces,
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vérifier la quotité : si deux co-emprunteurs existaient, la couverture peut être 50/50, 100/100, ou autre.
Conseil : même si vous êtes co-emprunteur, demandez une confirmation écrite du traitement par l’assurance, et suivez le dossier. Les délais de réponse varient et une relance polie peut éviter un mois de prélèvements inutiles.
Assurance habitation : résiliation, transfert, sinistres et logement vide
L’assurance habitation ne s’arrête pas magiquement. Si le logement reste inoccupé, il peut y avoir des conditions particulières, et certaines garanties (dégâts des eaux, incendie) restent indispensables. On peut soit maintenir le contrat temporairement, soit le transférer (selon la situation), soit résilier en respectant les règles.
Points concrets à vérifier :
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Qui devient responsable du logement (héritiers, conjoint, bailleur) ?
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Le logement est-il vide plus de X jours ? Certains contrats demandent une déclaration.
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Y a-t-il des biens de valeur restant sur place ? En cas de cambriolage, les assureurs examinent l’occupation réelle.
Si vous devez vider un logement : gardez des preuves de fermeture (changement de serrure si nécessaire, état des lieux, photos datées). Ce n’est pas par méfiance, c’est juste que les sinistres arrivent souvent à ce moment-là.
Assurance auto, deux-roues, assurance animaux, protection juridique
Ce sont des petites lignes de budget, mais multipliées, elles représentent parfois des centaines d’euros par an. Après le décès :
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on peut généralement résilier avec justificatif,
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ou transférer si un proche reprend le véhicule,
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et surtout, éviter de laisser courir des contrats non utiles.
Conseil pratico-pratique : faites une liste de tous les prélèvements récurrents sur les 12 derniers mois. Souvent, c’est le moyen le plus rapide d’identifier les contrats invisibles.
La recherche de contrats d’assurance vie
L’assurance vie est une source fréquente de capital, mais elle n’est pas toujours connue des proches. Il existe une démarche officielle pour rechercher si le défunt avait un contrat et qui en est bénéficiaire. Les assureurs ont aussi des obligations de recherche des bénéficiaires, mais dans la réalité, une démarche des proches accélère fortement les choses.
Bon à savoir : l’assurance vie n’est pas toujours dans la succession au sens classique. Les règles fiscales et de transmission dépendent notamment de la date de versement des primes, de l’âge, et de la rédaction de la clause bénéficiaire. Un notaire ou un conseiller spécialisé peut clarifier ce point.
Les prestations liées aux revenus : ce qui peut compenser une baisse de ressources
Le décès peut faire chuter le revenu du foyer du jour au lendemain. Certaines prestations existent pour éviter une rupture brutale, à condition de faire les demandes.
La pension de réversion
La pension de réversion peut être versée au conjoint survivant (selon les régimes), sous conditions d’âge, de ressources, de durée de mariage ou non, et selon les situations (divorce, remariage). Chaque régime (retraite de base, complémentaire) a ses propres règles et formulaires.
Conseils utiles :
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déposer la demande même si vous n’êtes pas certain : le non officiel vaut mieux qu’un doute qui traîne,
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demander un point global sur tous les régimes où la personne a cotisé,
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conserver une copie intégrale du dossier envoyé.
Les allocations et ajustements CAF
Selon la composition familiale, la CAF peut recalculer les droits (APL, RSA, prime d’activité, allocation de soutien familial si enfant, etc.). Après un décès, il faut signaler le changement de situation rapidement, non seulement pour ouvrir des droits, mais aussi pour éviter des trop-perçus qui retombent quelques mois plus tard, au pire moment.
Conseil : notez la date de déclaration à la CAF et gardez la confirmation (capture d’écran ou PDF). En cas de contestation, c’est très utile.
Pôle emploi, indemnités, maintien de droits
Si le défunt était demandeur d’emploi, il peut y avoir des éléments à régulariser. Si c’est le conjoint survivant qui se retrouve en difficulté et doit reprendre une activité, il peut être pertinent de se faire accompagner rapidement (Pôle emploi, mission locale, assistante sociale), car certaines aides liées au retour à l’emploi dépendent du moment où vous vous déclarez.
Les comptes bancaires et la succession : effets directs sur l’argent disponible
Ce sujet est souvent source d’angoisse, car on a besoin de liquidités, et on ne sait pas ce qui est autorisé.
Blocage des comptes et exceptions
En règle générale, les comptes individuels sont bloqués après notification du décès. Les comptes joints ont un fonctionnement particulier : ils peuvent continuer à être utilisés par le co-titulaire, mais la banque peut demander des justificatifs ou limiter certaines opérations si la succession est complexe.
Conseils simples :
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prévenir la banque vite, même si cela fait peur : un décès non signalé peut créer des situations compliquées (prélèvements non justifiés, contestations ultérieures),
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demander au conseiller bancaire la liste précise des paiements autorisés et la procédure pour les factures urgentes,
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éviter de faire le ménage dans les comptes sans conseil : des retraits ou virements mal compris peuvent être contestés plus tard.
Les aides pour frais de notaire ou dépenses liées à la succession
Selon les revenus, il existe parfois des possibilités d’aide juridictionnelle (pour des contentieux), ou des dispositifs d’accompagnement social. Le notaire peut aussi expliquer ce qui est dû et quand, et proposer un calendrier réaliste. En cas de situation financière fragile, le mieux est d’en parler tôt : c’est plus simple de trouver une solution au départ que lorsque les pénalités s’accumulent.
Les remboursements qu’on oublie souvent : santé, mutuelle, impôts, abonnements
Certains remboursements ne sont pas des aides, mais ils améliorent le budget.
Frais de santé et mutuelle
Si des soins ont eu lieu avant le décès, des remboursements peuvent arriver après. Il peut aussi y avoir une prise en charge spécifique par une mutuelle ou un contrat de prévoyance. Et si des ayants droit étaient rattachés, il faut organiser le maintien ou la modification de la mutuelle.
Bon réflexe : appeler la mutuelle et demander une attestation de droits actualisée pour les ayants droit, ainsi que le détail des prestations possibles.
Impôts : ajuster la situation et éviter les mauvaises surprises
Le décès entraîne des démarches fiscales : déclaration, éventuellement taxe d’habitation selon la période, taxe foncière, régularisations. Sans entrer dans les cas complexes, l’important est de signaler le décès et de demander comment seront gérées les déclarations suivantes. Cela évite des courriers automatiques qui continuent comme si de rien n’était.
Abonnements et services : stopper ce qui n’a plus lieu d’être
Téléphonie, streaming, salle de sport, presse, services numériques : c’est rarement prioritaire, mais sur trois mois, cela peut représenter une somme. L’idéal est de traiter ce sujet en deux vagues :
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ce qui prélève beaucoup et tout de suite,
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le reste quand vous aurez un peu plus d’énergie.
Astuce : si vous avez accès à l’e-mail du défunt, cherchez facture, abonnement, renouvellement, contrat. On retrouve souvent des services oubliés.
Méthode simple pour ne rien rater : une checklist en trois colonnes
Quand on est fatigué, les listes trop longues découragent. Une méthode efficace consiste à faire trois colonnes sur une feuille ou dans une note :
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Argent à recevoir : capital décès, prévoyance, assurance vie, remboursements mutuelle, pensions à régulariser.
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Dépenses à arrêter ou réduire : abonnements, contrats doublons, assurances inutiles, options bancaires.
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Dossiers à déposer : réversion, CAF, caisse de retraite, employeur, CCAS.
À chaque appel, demandez : Quel est le délai moyen ? Quel justificatif bloque le plus souvent ? Est-ce qu’un envoi par e-mail est accepté ?. Ce sont des questions simples, mais elles évitent le ping-pong de documents.
Les délais : ce qui mérite d’être fait vite, et ce qui peut attendre
Dans la réalité, on ne peut pas tout faire en une semaine. Voilà une hiérarchisation utile.
À traiter rapidement (souvent dans le premier mois) :
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frais d’obsèques et solutions de paiement,
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signalement à la banque, à l’employeur, aux caisses principales,
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assurance emprunteur si crédit en cours,
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CAF si le foyer dépend d’aides au logement ou de prestations.
Peut attendre un peu (quand l’urgence financière est passée) :
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résiliation fine des abonnements,
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optimisation des contrats d’assurance,
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démarches secondaires, doublons administratifs.
L’idée n’est pas de tout faire, mais de sécuriser d’abord ce qui protège le logement, le budget du foyer et les dépenses majeures.
À qui demander de l’aide quand on se sent perdu
On pense souvent qu’il faut tout gérer seul. En pratique, plusieurs interlocuteurs peuvent réellement aider, surtout si vous arrivez avec quelques documents de base.
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Assistante sociale (hôpital, mairie, CCAS, caisse de retraite) : utile pour repérer les aides mobilisables et accélérer les dossiers.
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Notaire : utile pour cadrer ce qui relève de la succession, éviter les faux pas bancaires, expliquer les délais.
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Conseiller retraite : utile pour identifier tous les régimes et déposer les demandes.
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Assureur / courtier : utile pour vérifier rapidement les garanties existantes, surtout emprunteur et prévoyance.
Conseil humain et concret : si vous avez un proche organisé, déléguez-lui une partie paperasse. Une personne extérieure à l’émotion fait souvent gagner un temps énorme, et ça vous évite de porter tout le poids.
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